Lancé depuis 2016, le concours international dénommé « Miss Littérature Afrique » se poursuit. L’initiative vise à jauger la beauté intellectuelle des jeunes filles du continent et contribue à former la relève littéraire féminine africaine. L’édition de 2025 a connu son apothéose le 26 juillet dernier au palais des congrès de Cotonou après un colloque et des ateliers d’écritures au profit des lauréates. La lauréate de cette année est Lorena Nolwen Lekeufack Kamaha (Cameroun). Elle est suivie de Kim Issongui (Congo Brazzaville) et de Salomé KOHOUGBALA (Bénin) respectivement 1ère dauphine et 2è dauphine. Carmen Fifamè TOUDONOU l’initiatrice de ce rendez-vous littéraire a répondu aux questions de votre webmagazine EkinaMag.
Qu’est-ce que le concours « Miss Littérature Afrique » et quel est son objectif ?
Miss Littérature, comme son nom l’indique, est une compétition littéraire organisée au profit des filles et des femmes. Créé en 2016 par Carmen Fifamè Toudonou, autrice béninoise, ce concours vise à encourager les jeunes filles africaines à la lecture et à l’écriture.

Quels sont les critères de participation à ce concours ?
Pour participer à Miss Littérature, il faut simplement être une jeune fille âgée de 18 à 24 ans. Contrairement aux concours de beauté classiques, nous ne notons aucun critère physique et nous nous en tenons à la beauté intelligente de nos lauréates.
Comment les candidates sont-elles sélectionnées ?
Déjà gagnantes du concours dans leurs pays respectifs, les Miss séjournent à Cotonou pour prendre part à un programme culturel et touristique, aboutissant à la finale. La grande finale Afrique de Miss Littérature, dont le dress code est : « tenues africaines de cérémonies » est une riche palette de découverte des richesses culturelles et littéraires du continent. La soirée apothéose s’ouvre sur un chatoyant défilé des délégations, avant le démarrage proprement dit de la compétition. Les candidates représentant les pays sont alors évaluées sur quatre épreuves : Présentation originale, Réponse aux questions de littérature, Rédaction et enfin, compte-rendu littéraire du roman imposé. Un jury international évalue les différentes prestations, et proclame les gagnantes dans chacune des épreuves ainsi que la Miss Littérature Afrique 2025 et et ses deux dauphines, lesquelles recoivent des trophées ainsi que des lots en espèces et en nature. La finale de cette année a eu lieu le samedi 26 juillet 2025 au Palais des Congrès de Cotonou.

Quels sont les pays participants cette année à la compétition ?
Neuf pays ont participé à cette compétition cette année : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal, le Tchad et le Togo.
Comment le concours valorise-t-il la littérature africaine auprès des jeunes filles ?
Intitulés « Diadèmes », les ateliers d’écriture de Miss Littérature ont déjà permis la publication de deux recueils de nouvelles signées des lauréates, à savoir « Diadèmes tome 1 » et « Les spectres de Ouidah, Diadèmes tome 2 ». Cette biennale 2024-2025 ne dérogera pas à la tradition. Ainsi, les lauréates bénéficieront-elles d’ateliers d’écritures dont l’objectif est de leur donner les outils pour devenir des écrivaines de qualité. Ces ateliers, animés par des écrivains chevronnés, constituent un véritable incubateur. Ils aboutiront à la publication du premier roman de la Miss Littérature Afrique et à sa diffusion dans les pays participants.

Quel est l’impact de Miss Littérature sur les jeunes filles en Afrique ?
La vision du concours Miss Littérature est de Contribuer à former la relève littéraire féminine en Afrique. Ainsi, nous avons réussi à mettre en place, au fil des années, un riche réseau d’alumni, qui publient des ouvrages, créent des clubs de lecture, animent des activités littéraires dans leurs communautés. À titre d’exemple :
Soro Yélé Aicha (Côte d’Ivoire), élue Miss Littérature Afrique en 2019, a initié depuis janvier 2020 la tournée nationale de la littérature en Côte d’Ivoire, en vue d’inciter les jeunes filles à s’intéresser à la lecture.
Rose Bitibaly Zerbo (Burkina Faso), Miss Littérature Afrique 2021, publie en juillet 2024, un recueil de nouvelles titré « Le fruit de nos erreurs ».
Florence Nodjikouambaye (Tchad), 1re dauphine Miss Littérature Afrique 2023 et Grâce Toïdibaye Kodjineloum (Tchad), 1re dauphine Miss littérature Afrique 2021 publient en décembre 2024, un recueil de nouvelles intitulé « Destins brisés ».
Christine Zoarma (Burkina-Faso), 2e dauphine Miss Littérature Afrique 2023 est la présidente à Ouagadougou du Club de lecture « Flamme de l’espoir ». Elle publie en mars 2024 le recueil de nouvelles « Pagnes en pleurs ».
Salomé Kohougbala (Bénin), Miss Littérature Bénin 2024 publie en avril 2025 son premier livre, une pièce de théâtre titrée « Le sourire de Kungana ».
Comment le concours contribue-t-il à lutter contre les stéréotypes de genre ?
Ce concours prouve que les jeunes filles ne sont pas belles que physiquement, qu’elles peuvent se valoriser à travers leurs activités intellectuelles. Voilà pourquoi nous détournons les codes classiques des concours de beauté de plus en plus jugés sceptiques, pour les mettre au service de la promotion de la lecture et de l’écriture.
Que gagnent les participantes ?
Le principal lot pour la grande lauréate est un bon d’édition à compte d’éditeur de son premier roman, d’une valeur de 2.000.000F CFA. Les lauréates gagnent aussi des enveloppes financières, des lots de livres physiques et audio offert par FCaudioÉdit, une parure Didi Beauté, une paire de chaussures offerte par « Souliers d’antan et une attestation de participation.
Propos receuillis par Ida BADJO






