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Nana Benz : un procès fictif pour réveiller la mémoire collective

27 septembre 2025
Nana Benz : un procès fictif pour réveiller la mémoire collective

Des acteurs sur scène

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À l’occasion des 10 ans des Joutes Verbales Francophones (JVF), un procès fictif a été organisé dans la soirée du 26 septembre 2025, à Lomé, en hommage aux légendaires Nana Benz, ces femmes commerçantes togolaises qui ont marqué l’économie du pays dès les années 1960. C’est la scène Jimi Hope de l’Institut français du Togo qui a servi de cadre à cet événement inédit tenu autour du thème : « Reine du Wax, reines du cash, les Nana Benz ont-elles tissé le commun ? ».

Dans son réquisitoire, Madame le Procureur de la République, tout en reconnaissant le rôle majeur joué par les Nana Benz dans la croissance économique du pays à partir des années 1960 et 1970, a mis en lumière l’envers du décor : « Derrière le moteur des Mercedes Benz et les pagnes Wax, se cache une réalité bien plus glaçante. Un lourd secret, un héritage que l’on refuse de transmettre. Des femmes innocentes brisées, marquées à jamais par la cruauté d’un succès que l’on ne partage pas, par la réalité du vrai visage de ces femmes », a-t-elle déclaré.

Le parquet leur reproche également de n’avoir pas œuvré à la promotion des tissus locaux ni favorisé l’implantation d’industries textiles sur le territoire. Selon elle, lorsque les pagnes à 1000 F CFA ont commencé à inonder le marché, aucune stratégie n’avait été mise en place, ce qui aurait entraîné un préjudice économique, notamment une chute du PIB liée à la commercialisation de contrefaçons.
Elle a requis la condamnation des Nana Benz au paiement d’une amende de 70 millions de FCFA, destinée à construire des centres de formation pour petites commerçantes et encourager l’entrepreneuriat féminin.

À la barre, l’accusée, représentant les Nana Benz, n’a pas manqué de répliquer avec vigueur : « Nous sommes devenues riches et puissantes grâce à notre travail. Nous sommes parties de rien, avec un lot de pagnes sur la tête, nos bébés au dos, des nuits sans sommeil. De nos idées, nous avons bâti un empire », a-t-elle affirmé.

Elle a souligné que les motifs et noms inscrits sur les pagnes n’étaient pas de simples décorations mais des récits du vécu des femmes africaines. « Le wax hollandais portait une facture européenne, mais nous l’avons payé, réinventé, enraciné dans nos traditions, et surtout, nous avons réussi à en faire une signature africaine. Nous avons donné une âme au pagne. Dans les années 1970, nous contrôlions près de 40 % des importations textiles du pays et avons fait du Togo la plaque tournante du textile en Afrique », a-t-elle rappelé.

Quant à leur proximité avec le pouvoir, la représentante des accusées a justifié : « Comment importer sans négocier ? Comment faire vivre nos affaires sans frapper aux portes des décideurs ? Ce n’était pas du privilège, mais de la stratégie. Nous avons réussi. Nos Mercedes Benz, nos villas, ce n’était pas de la vanité, mais des symboles de victoire dans une société qui voulait nous rendre invisibles », a-t-elle défendu.

Elle a également rappelé l’investissement social des Nana Benz : scolarisation d’enfants, soutien à des projets de développement rural et urbain.

L’accusée a rejeté la responsabilité de la concurrence chinoise actuelle sur les Nana Benz et a pointé du doigt l’absence de mesures de protection des autorités. Elle a plutôt interpellé la Cour à propos d’une reconnaissance : « Nous avons tout donné, mais où est notre musée annoncé depuis des années ? Où est notre monument, notre marché, notre école à notre nom ? Même dans les manuels scolaires, notre histoire reste absente. Pourquoi nos victoires ne sont-elles pas enseignées ? ».

Après avoir écouté le réquisitoire, les témoins historiques et contemporains, la plaidoirie de la défense et la parole de l’accusée, la Cour a déclaré les Nana Benz non coupables. Toutefois, elle les a condamnées à verser une indemnité symbolique de 70 millions de FCFA pour la construction d’un monument, une somme qui sera complétée par des fonds publics afin d’honorer la grandeur de leur histoire.

La séance s’est levée sous les applaudissements d’un public nombreux, composé de jeunes et d’adultes, de femmes et d’hommes. L’attention, les rires et les ovations témoignaient de la qualité du jeu des acteurs et de la force du message transmis.

Pour Farida Moustapha, coordinatrice des Joutes Verbales Francophones, ce procès fictif visait à célébrer la décennie de la scène oratoire à Lomé, mais surtout à raviver la mémoire des Nana Benz : « Ces femmes ont contribué de manière remarquable à l’économie nationale, mais nous avons l’impression que leur histoire est en train d’être oubliée. À travers ce procès fictif, nous avons voulu exprimer notre affection et apporter une pierre à l’édifice pour que la jeune génération sache qui elles étaient, quel était leur poids dans l’économie et quelle contribution elles ont apportée », a-t-elle expliqué.

Atha ASSAN

Tags: Art oratoireInstitut français du TogoJoutes verbales francophonesProcès fictif

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