L’Observatoire togolais des médias (OTM) a réuni, le vendredi 21 novembre 2025, des acteurs de la société civile et des professionnels de la presse autour du thème : « Médias, femmes rurales dans les contenus médiatiques au Togo : défis et enjeux ». Cette rencontre, organisée dans le cadre de la Journée internationale de la femme rurale célébrée le 15 octobre, visait à sensibiliser les médias sur la faible visibilité accordée aux femmes rurales dans leurs productions, et à réfléchir aux moyens d’inverser cette tendance.
Deux communicatrices, fortes d’une longue expérience de terrain, ont partagé le vécu quotidien des femmes rurales, les défis auxquels elles font face et les dispositifs législatifs nationaux et internationaux qui les protègent.
Selon Fabrice Petchezi, président de l’OTM, cette rencontre visait à créer un espace d’échanges entre médias et organisations œuvrant directement dans les communautés rurales. « Les acteurs de la société civile ont exposé les réalités du terrain. Les journalistes présents ont compris les enjeux liés à la représentativité de la femme rurale. Nous espérons que cela fera évoluer les pratiques », a-t-il déclaré.
Pour l’OTM, l’objectif n’est pas de désigner un responsable, mais de rappeler une réalité : la majorité des médias sont concentrés à Lomé, ce qui rend la couverture des zones rurales difficile. « Cela donne l’impression que ces zones sont oubliées. Ce n’est la faute de personne, mais il est temps de remettre les projecteurs sur cette couche sociale qui contribue fortement à l’économie nationale », a souligné Fabrice Petchezi.
Les statistiques présentées durant la conférence soulignent pourtant l’importance de cette catégorie : les femmes représentent plus de 51 % de la population togolaise, dont environ 57 % vivent en milieu rural. Elles jouent également un rôle central dans l’économie, notamment dans l’agriculture, mais leurs activités demeurent très peu valorisées par les médias.
Renforcer la collaboration entre médias et acteurs de terrain
Pour Mme Tounou Adoudé, spécialiste en genre et inclusion sociale, une meilleure représentativité médiatique est essentielle : « Les contenus doivent être sensibles au genre et intégrer les besoins des femmes rurales. Les médias influencent les normes socio-culturelles ; ils doivent donc contribuer à valoriser ces actrices essentielles à l’économie du pays. »

Elle a également insisté sur la nécessité d’un travail conjoint entre médias et organisations de la société civile : « J’ai constaté que chacun agit selon ses attentes, mais sans coordination. Il est important de travailler en synergie. Les médias doivent être impliqués dès la formulation des projets jusqu’à leur mise en œuvre et au suivi-évaluation. »
Pour l’OTM, cette conférence-débat constitue une première étape vers une meilleure inclusion des femmes rurales dans les contenus médiatiques, afin de refléter plus fidèlement leur rôle stratégique dans le développement du Togo.
Atha ASSAN






