Le Fonds Pananetugri a lancé un appel pressant aux autorités mauritaniennes après l’arrestation, le 28 novembre à Nouakchott, de Dieynaba N’diom, responsable des subventions au sein de l’organisation et militante féministe reconnue. Interpellée lors d’une manifestation pacifique, elle dénonçait l’impunité entourant l’assassinat de 28 hommes noirs exécutés il y a 33 ans en Mauritanie, un épisode encore marqué par l’absence totale de justice.
Dans un communiqué, le Fonds Pananetugri a exprimé sa « profonde préoccupation » et réaffirmé son attachement aux libertés fondamentales, en particulier la liberté d’expression et de manifestation. L’organisation décrit Dieynaba Ndiom comme « une professionnelle engagée, intègre et dévouée à la défense des droits humains », et insiste sur la nécessité de garantir pleinement ses droits durant sa détention.
Les Voix Féministes Africaines ont également condamné cette arrestation jugée « arbitraire » et « politiquement violente », rappelant que Dieynaba N’diom militait pour la reconnaissance d’un crime qui, plus de trois décennies plus tard, n’a toujours pas fait l’objet d’enquêtes ni de poursuites. Pour le mouvement, réprimer une militante qui réclame justice revient à prolonger l’injustice historique et à réduire au silence les voix noires qui s’opposent au racisme systémique.
Sociologue et doctorante, Dieynaba N’diom est très active dans les réseaux féministes d’Afrique de l’Ouest et en Mauritanie. Ses travaux portent sur la santé reproductive et les droits des femmes, en particulier les travailleuses du sexe migrantes. Elle a contribué à la création d’espaces féministes régionaux tels qu’ « Agora » et l’ « Instituto Feminista Africano » (IFA), et est membre de plusieurs organisations, dont ISR et le collectif « Voix des Femmes ».
Atha ASSAN






