Réunis en revue annuelle à Tsévié (environ 30 km au nord de Lomé) du 16 au 18 février, les acteurs du district sanitaire de Zio ont dressé le bilan 2025 et esquissé les priorités de 2026. Si plusieurs indicateurs de santé maternelle et infantile sont en nette progression, la hausse de la mortalité liée aux causes obstétricales directes interpelle et appelle à des réponses urgentes.
Sur les 24 indicateurs clés suivis, 19 sont en progression. En matière de santé maternelle, la proportion de femmes enceintes ayant réalisé au moins quatre consultations prénatales est passée de 41,40 % en 2024 à 51 % en 2025. Le taux d’accouchements assistés par un personnel qualifié a également connu une hausse significative, atteignant 77 %, contre 68,60 % l’année précédente.
La planification familiale affiche des résultats en amélioration, avec 23 889 couples-années de protection enregistrés, contre 21 907 en 2024. De même, la prise en charge des enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë sévère s’est renforcée, avec un taux de couverture de 33 %, contre 18,30 % l’année précédente. Ces chiffres traduisent l’engagement du personnel soignant et les efforts consentis pour améliorer l’accès des femmes aux soins essentiels.
Malgré ces avancées, un indicateur majeur suscite une vive inquiétude : la létalité maternelle liée aux causes obstétricales directes est passée de 0,60 % en 2024 à 1 % en 2025. Cette progression, bien que statistiquement contenue, représente un signal d’alerte dans un contexte où chaque décès maternel demeure évitable avec des soins appropriés et accessibles.
Autre point de vigilance : la couverture vaccinale des enfants de 0 à 11 mois ayant reçu trois doses de Penta est en recul, passant de 101 % à 93 %. Une situation qui pourrait fragiliser davantage les mères et leurs nourrissons.
Les participants à la revue ont identifié plusieurs obstacles : faible fréquentation des services de santé, fonctionnalité limitée des comités de gestion, exécution partielle de certaines activités planifiées, insuffisances financières et ruptures de médicaments traceurs dans certaines formations sanitaires.
Pour 2026, le district entend initier des projets locaux d’amélioration continue de la qualité des services et renforcer la collaboration multisectorielle. L’objectif est de consolider les acquis tout en réduisant les inégalités d’accès aux soins, afin que les progrès enregistrés se traduisent concrètement par une meilleure protection de la vie des femmes et des enfants.
La revue annuelle des districts sanitaires, au Togo, s’est imposée, au fil des années, comme un cadre d’évaluation stratégique des politiques locales de santé.
Atha ASSAN






