Les résultats du rapport intitulé « Evaluation des obstacles au déploiement du personnel féminin des forces de sécurité du Togo dans les missions de paix » ont été présentés ce jeudi 30 avril 2024 au cours d’une rencontre à Lomé.
Ce rapport d’évaluation, initié par le Ministère de la Sécurité avec l’appui financier du Fonds de l’Initiative Elsie, a permis d’identifier les facteurs institutionnels, opérationnels et socioculturels qui influencent l’intégration effective des femmes au sein des forces de sécurité et leur déploiement dans les missions de paix.
Son élaboration a suivi une méthodologie particulière développée par le Centre de Genève pour la gouvernance du secteur de la sécurité (DCAF) et l’Université Cornell. Il s’agit de la méthodologie MOWIP(Mesurer les Opportunités pour les Femmes dans les Missions de Paix).
Les résultats de cette étude présentée par Kadjo Esso-Essenam, expert en méthodologie d’évaluation MOWIP, font états de plusieurs obstacles mais également d’un certain nombre d’opportunités ou facteurs positifs au bénéfice des femmes.
En termes de facteurs positifs l’on note la reprise du recrutement des femmes dans la police nationale en 2005 et le démarrage de leur recrutement dans la gendarmerie nationale en 2007; la mise en place d’une cellule genre au Ministère de la Sécurité et au Ministère de la Défense Nationale pour promouvoir l’intégration du genre; l’intégration des modules sur le genre dans les écoles de formation de la police et de la gendarmerie; la proportion non négligeable de femmes parmi les effectifs déployés dans les missions de police individuelle des Nations Unies ou IPO (31% en 2022 et 40% en 2025).
Selon Kadjo Esso-Essenam, trois principaux obstacles limitent vraiment l’intégration des femmes au sein des forces de sécurité et leur déploiement dans les missions de paix.Ils concernent l’insuffisance de prise en charge des contraintes familiales du personnel féminin; l’inadéquation de certains infrastructures et équipements aux besoins des femmes et l’existence de facteurs d’exclusion sociale des femmes au sein des forces de sécurité.
« Généralement, les femmes ont des contraintes à la maison en termes de garde d’enfants, en termes de prise en charge même des membres de la famille, qui font qu’elles ne disposent pas suffisamment de liberté pour aller servir au sein des forces de sécurité et être déployées dans les missions de paix.Nous avons également des kits de déploiement qui n’intègrent pas certains besoins spécifiques des femmes. Au-delà des kits de déploiement, nous avons des uniformes qui ne prennent pas forcément en compte la morphologie spécifique de la femme. Les gilets pare-balles, par exemple, qui aplatissent la poitrine de la femme », a déploré l’expert.
Les recommandations de Kadjo Esso-Essenam portent notamment sur la nécessité de développer une pratique de prise en charge des enfants en bas âge du personnel féminin en construisant des garderies dans les casernes/unités; doter toutes les casernes/unités de toilettes réservées aux personnes de même sexe; doter le personnel féminin de treillis et de gilets pare-balle adaptés à leur morphologie; créer un centre de prise en charge psychosociale du personnel féminin; sensibiliser davantage la population civile sur le rôle des femmes au sein des forces de sécurité à travers des panneaux/affiches, des infographies, des spots audio/vidéo, des tournées et des journées porte-ouverte.
Rachel Doubidji






