Un forum de co-construction sur la justice a réuni, du 16 au 18 juin 2026 à Kara, plusieurs acteurs, notamment des chefs traditionnels, des autorités coutumières, des organisations de jeunes et de femmes, ainsi que des représentants d’organisations de défense des droits humains.
Cette rencontre de trois jours avait pour objectif de repenser la justice au Togo en conciliant tradition et légalité, afin de promouvoir une justice traditionnelle inclusive et complémentaire à la justice formelle. Elle s’inscrit dans le cadre du projet Dézon, porté par la coopération allemande et mis en œuvre par la GIZ ainsi que le ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance. Ce rendez-vous vise à renforcer la collaboration entre les mécanismes traditionnels de règlement des litiges et la justice formelle.
Les travaux se sont articulés autour de trois axes principaux. Il s’agit notamment du diagnostic et de la cartographie, en vue d’établir un état des lieux participatif des pratiques de justice coutumière au Togo ; de l’inclusion et de l’interculturalité, afin d’examiner comment la justice traditionnelle intègre les jeunes, les femmes et les minorités culturelles, conformément aux droits humains ; et enfin de l’opérationnalisation, visant à formaliser un cadre de justice coutumière ancré dans les valeurs traditionnelles tout en étant tourné vers le respect des droits humains, notamment en matière de genre.

Au cœur des échanges, les participants ont partagé leurs expériences et formulé des recommandations en faveur d’une justice accessible, équitable et respectueuse des lois nationales, tout en valorisant les mécanismes traditionnels compatibles avec les principes de droit.
Hounon Apelete, participant au forum, résume l’enjeu en ces termes : « Le juge ne peut pas toujours maîtriser certaines réalités liées aux divinités et aux pratiques de la religion traditionnelle. Il faudra donc une complémentarité afin que chacune de ces juridictions puisse s’inspirer de l’autre système pour un meilleur rendu de la justice. »

Le forum a également mis l’accent sur le dialogue intergénérationnel et interculturel entre les acteurs communautaires, dans le but de prévenir les conflits et de renforcer la cohésion sociale.
Pour le représentant du gouverneur de la région de la Kara, Gningbangou Gountibote, l’implication de tous les acteurs est indispensable à l’atteinte des objectifs fixés.
Il a ainsi invité les participants à s’investir activement dans la démarche portée par la GIZ afin d’avoir un impact positif sur leurs communautés.
Marceline Tchakpala






