Le 9 septembre 2025, à l’EPP Djéméni (commune Haho 2, région des Plateaux), le gouvernement togolais a lancé une vaste campagne nationale de distribution de kits scolaires en faveur des jeunes filles du primaire, du collège et du lycée. Cette initiative, qui s’inscrit dans la lutte pour l’égalité des chances et l’autonomisation des filles, aurait pu être un moment fort pour rappeler l’importance de l’éducation des jeunes togolaises.
Mais en marge de la cérémonie, plusieurs artistes se sont produits devant un public d’élèves, de parents et d’autorités. Parmi eux, Maxfire et Etane, dont les prestations ont suscité de vives interrogations.
Une dissonance entre le message et la scène
Si la distribution de kits scolaires s’inscrit dans une dynamique de soutien aux familles et de promotion de l’éducation des filles, le choix des artistes invités ne semble pas avoir été en phase avec cet objectif. Paroles de chansons légères, chorégraphies suggestives, tenues jugées provocantes… autant d’éléments qui contrastent avec le thème central de l’évènement : l’éducation et le leadership féminin.
Pour beaucoup d’observateurs, cette dissonance risque de brouiller le message officiel et d’exposer les élèves – en particulier celles issues de milieux ruraux – à des représentations peu compatibles avec les valeurs éducatives que l’événement était censé défendre.
Pour une culture au service de l’éducation et de l’émancipation
Il aurait été plus cohérent et porteur d’associer à une telle campagne des artistes engagés dans la sensibilisation à l’éducation, ou encore de privilégier des performances de slam, de théâtre scolaire, de chorales étudiantes ou de conteurs traditionnels. Ces formes d’expression auraient pu valoriser l’image des jeunes filles et renforcer leur confiance en elles.
La question de la cohérence entre le discours institutionnel et l’animation culturelle reste donc centrale. Dans un contexte où l’éducation des filles est encore fragile et menacée par de nombreux obstacles, il est essentiel de veiller à ce que chaque initiative renforce le message d’émancipation et ne contribue pas, au contraire, à reproduire des stéréotypes sexistes ou à banaliser des modèles de dévalorisation.
Quand l’histoire se répète…
Ce n’est pas la première fois que de telles incohérences soulèvent des polémiques. En décembre 2022, trois directeurs d’école de la commune Lacs 4 avaient été relevés de leurs fonctions après avoir autorisé des prestations d’artistes aux textes jugés contraires aux bonnes mœurs, lors d’une distribution de dons dans une école primaire.
Cet antécédent rappelle l’importance d’un encadrement strict des activités culturelles liées à l’éducation. Car au-delà de la fête et du divertissement, c’est l’avenir et l’image des élèves notamment des jeunes filles qui sont en jeu.
La Rédaction





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