L’association IYAWO a organisé ce vendredi 23 octobre 2026, au centre culturel Denyigban à Lomé, un procès fictif consacré à l’avortement clandestin. Placée sous le thème « De l’illégalité à la vulnérabilité : les risques de l’avortement clandestin et les méthodes d’avortement sécurisé », cette initiative, soutenue par Equipop, vise à renforcer la compréhension de l’avortement sécurisé, à informer sur le cadre juridique applicable et à sensibiliser le public aux violences sexuelles.
Inscrite dans la deuxième édition de la campagne « Maputo pour toutes », cette simulation judiciaire met en scène l’histoire fictive d’Afi Blikole, une étudiante de 22 ans confrontée à une grossesse à la suite d’une agression sexuelle présumée.
À travers cette mise en scène, les organisateurs entendent ouvrir le débat sur les réalités vécues par les femmes et les jeunes filles face aux grossesses non désirées, aux violences sexuelles et à la stigmatisation liée au viol.
Pour Elisabeth Apampa, initiatrice du projet et fondatrice de IYAWO, cette démarche ouvre le débat et favorise la compréhension aux questions liées à l’avortement clandestin, aux droits en santé sexuelle et reproductive.
« le choix d’un procès fictif est une approche de sensibilisation qui parle directement aux jeunes, leur apporte des solutions et leur favorise des arguments concrets. Mais cela permet également de gérer les conflits dans les familles et dans les communautés » a-t-elle expliqué.
Cette démarche a permis au public de suivre les différentes étapes d’une procédure judiciaire et de confronter les points de vue autour d’une situation qui soulève des questions sociales, sanitaires et juridiques.
Pour Tchetche Rodrigue qui incarne le rôle du substitut du procureur, ce cadre fictif a mis en évidence que l’interruption de grossesse consécutive à un viol doit respecter les conditions prévues par la législation et le respect des lois qui l’encadrent.
Au-delà de la simulation judiciaire, l’activité invite à réfléchir aux conséquences des jugements sociaux, aux difficultés d’accès à l’information et aux responsabilités collectives en matière de santé sexuelle.
« Les procédures d’accès à un avortement sécurisé restent parfois longues et complexes. Il est donc essentiel de mieux accompagner les victimes de viol, de dénoncer les agresseurs et de lutter contre la banalisation de ces violences afin d’éviter que des femmes ne recourent à des pratiques dangereuses au péril de leur vie. » a souligné Docteur Agossou Abraham, l’un des panéliste.
Du côté du public, pour Achafatou, l’une des participantes et engagée au SSR, cette initiative offre une nouvelle idée de sensibilisation adaptée aux réalités des jeunes.
« Ces espaces permettent de mieux informer les jeunes sur le cadre juridique et méritent d’être reproduits par d’autres OSC pour toucher davantage de personnes.» a-t-elle déclaré.

Le procès fictif s’est achevé sur les décisions du procureur qui a requis dix-huit mois d’emprisonnement ferme et une amende de deux millions de francs CFA contre le médecin, ainsi que la fermeture de sa clinique et l’interdiction d’exercer pendant cinq ans. À l’encontre de la victime, il a requis deux ans d’emprisonnement ferme et une amende de deux millions de francs CFA n’ayant pas pu prouver qu’elle fut violée selon les articles 106 et 109 de la loi 2009-007 des dispositions légales pénales togolaises.
En donnant une place centrale au récit et au débat public, l’association IYAWO mise sur la participation citoyenne pour faire évoluer les regards et encourager une meilleure compréhension des droits des femmes et des jeunes filles.
Larissa KUEGAH






