Dans le département du Moungo, plus précisément à Loum (ville camerounaise), une affaire choquante jette une lumière crue sur l’insécurité des enfants. Agée de seulement 6 ans, une fillette a subi trois viols consécutifs par des agresseurs différents. Entre impunité et traumatisme, la ville de Loum est sous le choc.
C’est un calvaire qui dure depuis des mois. Dans la ville de Loum, département du Moungo, Gaël (nom d’emprunt) n’est pas une enfant comme les autres. À seulement 6 ans, elle est déjà, aux yeux de certains adolescents et adultes de la ville, une « proie facile ». Entre novembre 2025 et janvier 2026, la petite fille a été victime de trois agressions sexuelles distinctes, commises par trois personnes différentes, rapporte la presse camerounaise.
Le point de bascule ? Ce jour où Henriette, sa grand-mère maternelle, découvre l’indicible en rentrant chez elle. C’est un souvenir gravé à jamais dans la mémoire de la vieille dame. Tandis qu’elle descendait vers sa maison, c’est l’absence de bruit, puis soudain des cris, qui l’alertent. Elle raconte la scène avec effroi : « Je m’approche, j’attends les cris, j’entre directement je trouve la petite entre les jambes d’un garçon. » Paniquée, la grand-mère conduit l’enfant à l’hôpital. Le diagnostic confirme les pires soupçons. Les examens médicaux révèlent non seulement une déchirure de l’hymen et la présence de sang, mais également des infections. « Je suis partie à l’hôpital après l’examen, le docteur m’a appelée et a dit de venir voir comme l’hymen est déchiré et l’état du sang. On a poursuivi les examens et il y avait aussi des infections », témoigne Henriette, la voix brisée.
Le premier agresseur était un adolescent du quartier. Mais le cauchemar de Gaël ne s’arrête pas là. Alors que l’on pourrait espérer que la première agression soit la dernière, l’enfant a de nouveau été ciblée. Le deuxième violeur est un adulte, un voisin connu de la famille. Le troisième agresseur, probablement le plus glaçant, est celui qui avait pour habitude de l’accompagner à l’école régulièrement. Ces actes ont tous été commis en l’absence des grands-parents, laissant l’enfant sans protection face à des prédateurs.
La famille a porté plainte et la gendarmerie a été saisie de l’affaire. Pourtant, à ce jour, les auteurs de ces crimes courent toujours. Cet état d’impunité nourrit la colère et le désarroi du voisinage. Dès que le sujet est évoqué, les larmes montent aux yeux des voisins et des grands-parents de Gaël. Le traumatisme est profond pour la petite fille, physiquement marquée, psychologiquement détruite.
Un fléau universel qui sévit durement en Afrique
Le cas de Gaël n’est malheureusement pas isolé. Il illustre une réalité plus large dénoncée par Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF : « La violence sexuelle envers les enfants crée un traumatisme profond et durable, et est souvent infligée par une personne que l’enfant connaît, en qui il a confiance, dans des lieux où il devrait se sentir en sécurité. »
Si ce fléau est universel et ne dépend pas du contexte économique, l’Afrique subsaharienne paie un lourd tribut. Selon les chiffres de l’UNICEF datant de 2024, 79 millions de filles et de femmes dans la région sont concernées par des violences sexuelles durant l’enfance, soit 22 % de la population féminine.
Atha ASSAN






