Dans le cadre de la mise en œuvre du projet Girls Lead 2, Plan international Togo a organisé un atelier de formation des parajuristes du 5 au 7 février 2026, à Lomé. Cette formation vise à renforcer les capacités des jeunes acteurs communautaires sur les violences basées sur le genre (VBG), la protection des droits de l’enfant, les mécanismes de dénonciation et de prise en charge des victimes.
Durant trois jours, les participants à cette rencontre, des jeunes leaders issus des organisations de la société civile ont été formés sur les notions fondamentales des violences basées sur le genre, les droits des enfants et sur le rôle du parajuriste au sein de la communauté.
Pour plan international Togo, cette formation est essentielle au sens où elle a pour finalité de doter les jeunes des outils nécessaires pour en faire des acteurs engagés au sein de leurs communauté afin d’apporter des solutions concrètes aux violences basées sur le genre. « Le Togo s’est doté tout récemment d’un protocole de prise en charge holistique des victimes de VBG, mais combien de personnes maitrisent les contours de ce protocole. Il est donc très important pour nous de renforcer les jeunes de manière à ce qu’ils soient parajuristes dans leurs communautés et qu’ils soient disponibles et accessibles pour identifier les victimes, les orienter et les accompagner pour une prise en charge holistique », a souligné Célestine Awidina, coordinatrice du projet Girls lead 2.
Pour les formateurs du ministère de l’action sociale qui ont conduit les séances, c’est une formation qui permettra de gagner de nouveaux acteurs engagés sur le terrain pour cette lutte qui nécessite de plus en plus de soutien. Juriste au ministère des solidarités, du genre, de la famille et de la protection de l’enfance, Koffi Amenyo GBLOKPO, l’un des formateurs a relevé l’insuffisance de formations des acteurs sur le terrain d’où l’importance de l’initiative portée par plan international Togo. Pour l’expert juridique « il s’avère urgent de déployer sur le terrain plus de personnes surtout les jeunes, puisqu’à partir de cette formation, ils seront sur le terrain en tant qu’acteurs actifs aux côtés de ceux qui sont dans les institutions formelles pour pouvoir les aider. Ce programme de plan international est louable car le gouvernement seul ne peut pas faire face à tous les besoins et cet apport des autres acteurs contribue énormément aux efforts sur le terrain. Ces jeunes formés constituent également des personnes ressources pour le ministère qui pourra également s’appuyer sur eux pour intervenir en faveur des enfants et des femmes dans les communautés », a -t-il affirmé.

Les bénéficiaires ont apprécié les trois jours de séance et les différents modules abordés : les mécanismes de protection de l’enfant et les acteurs clés, le circuit de signalement et coordination des acteurs, les rôles et responsabilités des parajuristes, les techniques d’écoute, conseil et accompagnement des victimes des violences basées sur le genre, l’orientation sur les services juridiques et psychosociaux.
Aux termes de la formation, Dossa Thania, membre du club « A leur rescousse », l’une des représentants de Youth panel communal Agoe Nyivé 1 à cet atelier, a suggéré que la formation soit continuelle afin que toutes les aptitudes personnelles ainsi que la maîtrise des outils soient effectives pour un travail efficient. La jeune activiste estime être apte à se rendre utile : « je suis maintenant mieux outillée pour aller sensibiliser les leaders communautaires, les jeunes avec qui je travaille et orienter les survivantes vers les structures et les personnes pouvant les aider en cas de violences subies ». Pour KONDA Ousman yao, du club des amis de la préservation de l’environnement et de l’épanouissement des jeunes (CADEJ), l’atelier a répondu à toutes ses attentes : « j’ai eu ce qu’il faut pour me rendre utile. Les mises en situation et autres méthodes pratiques employées pour cette formation m’ont beaucoup enrichies »
Juste NIMNORA, juriste chargé de la sauvegarde et de la protection de l’enfant à Plan international Togo a précisé que les parajuristes formés restent dans leurs rôles et responsabilités au-delà même de la fin du projet. Ils sont dorénavant appelés à se mettre au service de leurs communautés. « La plupart du temps, les enfants et les filles victimes de violences ne savent pas vers qui se tourner. Il existe une distance entre les services disponibles et les personnes qui en ont besoin. La formation des parajuristes, ces jeunes engagés au sein de leurs communautés permet de combler ce vide. Désormais, ils sont là pour informer, sensibiliser leurs pairs et toute personne dans le besoin, écouter de manière éthique et professionnelle et orienter les victimes suivant le protocole de prise en charge vers les services adéquats ».
Le projet Girls lead 2 est une initiative de Plan International Togo visant la lutte contre les violences basées sur le genre, l’engagement citoyen des jeunes et leur employabilité. Démarré en 2O24, il prendra fin en 2O28. Il comprend plusieurs volets et plusieurs programmes exécutés essentiellement par les organisations de jeunes associées au projet, reparties dans plusieurs youth panels communaux du Togo.
Emile AGBASSINOU






