mercredi, août 12, 2026
Je m'abonne
Soutenez-nous
No Result
View All Result
Ekinamag
  • Accueil
  • Ekina Actu
    • Togo
    • Et plus loin
    • Point de vue
  • Santé & Sexo
  • Les inspirantes
  • Viragos
  • Fem’ Preneures
  • Droit & VBG
  • +Rubriques
    • Multimedia
    • Audacieuses du continent
  • A propos
    • EQUIPE
    • CONTACT
    • LIGNE EDITORIALE
    • MENTIONS LEGALES
    • NOS PROJETS
    • NOS PRIX
    • NOTRE ACTU
    • ASSOCIATION EKINA
  • Accueil
  • Ekina Actu
    • Togo
    • Et plus loin
    • Point de vue
  • Santé & Sexo
  • Les inspirantes
  • Viragos
  • Fem’ Preneures
  • Droit & VBG
  • +Rubriques
    • Multimedia
    • Audacieuses du continent
  • A propos
    • EQUIPE
    • CONTACT
    • LIGNE EDITORIALE
    • MENTIONS LEGALES
    • NOS PROJETS
    • NOS PRIX
    • NOTRE ACTU
    • ASSOCIATION EKINA
No Result
View All Result
Ekinamag
No Result
View All Result
Home Point de vue

Travail Domestique Non Rémunéré : le fardeau invisible qui freine les femmes et filles

12 août 2026
Travail Domestique Non Rémunéré : le fardeau invisible qui freine les femmes et filles
Share on FacebookShare on TwitterShare on whatsapp

Avant même que le jour ne se lève, leur travail a déjà commencé. Préparer les repas, nettoyer, s’occuper des enfants, prendre soin d’un proche malade ou âgé… Chaque jour, des femmes et des jeunes filles consacrent plusieurs heures à ces tâches indispensables, sans salaire et souvent sans reconnaissance. Pourtant, ce travail invisible fait fonctionner les familles et contribue indirectement à l’économie. Au Togo, comme dans de nombreux pays, cette réalité soulève une question importante : combien coûte réellement ce travail que personne ne paie, mais dont tout le monde bénéficie ?

Afi, une fonctionnaire habitant à Sanguera, dans la banlieue de Lomé, mariée et mère de deux garçons en bas âge, doit chaque jour effectuer au moins deux heures de travaux ménagers avant de prendre la route pour le service. Elle nous décrit son quotidien :

« Je me réveille généralement à 5 heures, et parfois plus tôt. Je balaie la maison. Je prépare ensuite le petit déjeuner et le déjeuner des enfants et de mon mari puisque je rentre le soir. Après cela, je me prépare et j’apprête les enfants. Généralement, je finis vers 7 heures. Je dépose tour à tour les enfants dans leurs écoles respectives avant de prendre la direction du boulot », relate-t-elle.

L’expérience d’Afi reflète celle de nombreuses femmes et filles qui consacrent chaque jour plusieurs heures aux travaux ménagers souvent sans l’aide des hommes : nettoyage, cuisine, vaisselle, lessive, etc.

Au-delà des tâches ménagères quotidiennes, les responsabilités liées aux soins des personnes malades ou dépendantes reposent également très souvent sur les femmes, avec des conséquences importantes sur leur temps, leur activité professionnelle et leur bien-être.

C’est le cas de Solange, 45 ans, ancienne commerçante, qui s’occupe de son beau-père malade depuis trois ans.

« Mon beau-père vivait à Notsé. Il est atteint d’un cancer de la prostate depuis quatre ans. Mon mari a alors décidé de l’amener vivre avec nous et c’est moi qui m’occupe de lui. Un travail très difficile qui m’épuise énormément », nous confie-t-elle.

Cette répartition inégale du travail domestique non rémunéré entre les femmes et les hommes découle de normes sociales et culturelles marquées par des stéréotypes de genre. La faible, voire la non-implication des hommes dans les tâches domestiques s’explique en grande partie par ces normes, qui assignent traditionnellement aux femmes la responsabilité du foyer et des soins aux proches.

Les normes sociales et les stéréotypes de genre en cause

La répartition du travail domestique est étroitement liée aux processus de socialisation qui contribuent à la reproduction des modèles sociaux. Dès l’enfance, la famille et la société transmettent aux individus des normes et des rôles considérés comme appropriés pour les femmes et les hommes, afin de favoriser leur intégration au sein de la communauté.

Aïssata Fall, directrice Afrique du Bureau de référence pour les questions de population (PRB) Photo crédit : emedia.sn

 « L’implication de l’époux dans les tâches domestiques est socialement mal perçue et peut être considérée comme un facteur de déstabilisation du couple. Elle est souvent interprétée comme une domination de la femme sur l’homme. Ainsi naissent fréquemment des conflits entre les femmes et leur belle-famille, qui les accusent d’avoir “apprivoisé” leur fils. Le regard social, ce que disent les autres, constitue un obstacle à la contribution de nombreux hommes aux tâches domestiques dans notre pays », explique Aïssata Fall, directrice Afrique du Bureau de référence pour les questions de population (PRB).

Pour Yvette Naguibe, coordinatrice de l’Association Appui aux Femmes et aux Enfants (AFE), ces représentations trouvent leurs racines dans une organisation sociale traditionnelle qui assigne aux femmes et aux filles la responsabilité quasi exclusive des travaux domestiques et des soins aux proches. « Les filles et les femmes sont perçues comme des êtres dont la place se limite à la maison », souligne-t-elle.

Cette façon de concevoir les choses, encore largement répandue, contribue à maintenir une répartition inégale des tâches au sein des ménages et à alourdir la charge de travail non rémunéré supportée par les femmes et les filles.

À cela s’ajoute, selon la coordinatrice de l’Association Appui aux Femmes et aux Enfants (AFE), le faible accès des femmes à l’éducation notamment dans certaines communautés. « Certaines femmes n’ont pas eu la chance d’aller à l’école. Si je prends l’exemple des femmes et des filles moba dans la région des Savanes, elles n’ont leur place qu’au foyer et dans les champs », affirme Yvette Naguibe.

Pour l’ancien directeur de cabinet du ministère de l’Action sociale, de la Promotion de la Femme et de l’Alphabétisation, Koffi Gani, les normes sociales et les stéréotypes de genre continuent de renforcer l’idée que le rôle des femmes et des filles se limite au foyer. Cette perception conduit à leur attribuer l’essentiel des tâches domestiques.

En effet, le travail domestique non rémunéré englobe un large éventail d’activités, notamment les tâches ménagères, la garde des enfants, l’accompagnement et les soins apportés aux personnes dépendantes.

Les principaux résultats du Rapport analytique sur le travail domestique non rémunéré (TDNR) au Togo, publié en 2021, montrent que la division traditionnelle du travail entre les femmes et les hommes demeure fortement ancrée dans les pratiques sociales. Les analyses mettent en évidence la persistance de logiques fondées sur des rôles sociaux différenciés selon le sexe.

Selon ce rapport, les femmes assurent 79,8 % de la production domestique non rémunérée, contre 20,2 % pour les hommes.

Pour Yvette Naguibe, cette contribution essentielle au fonctionnement des ménages reste pourtant invisible sur le plan économique. « À ce jour, il n’existe au Togo aucune rémunération ni reconnaissance financière du travail domestique effectué par les femmes », souligne-t-elle.

Le coût du travail domestique non rémunéré ne se mesure pas seulement en heures. Il se traduit aussi par des opportunités manquées, une fatigue accumulée, un temps de repos sacrifié et, parfois, des ambitions mises entre parenthèses. Cette charge invisible limite l’accès de nombreuses femmes à l’éducation, à l’emploi, à la participation citoyenne et aux postes de décision.

Quand le travail domestique non rémunéré freine l’autonomisation économique des femmes

Les différences entre les femmes et les hommes en matière de temps consacré au travail domestique non rémunéré constituent un enjeu majeur pour la participation des femmes au marché du travail et leur autonomie économique.

Pour de nombreuses femmes, cette charge quotidienne conduit à abandonner un emploi, une activité commerciale ou un projet professionnel afin de se consacrer aux tâches domestiques et à l’équilibre familial.

« Avant que mon beau-père ne vienne s’installer chez nous, j’avais un petit commerce qui me permettait de subvenir à mes besoins élémentaires et à ceux de ma mère. Depuis que je m’occupe de lui, j’ai dû abandonner mon petit commerce de vente de nourriture. Cela me prend énormément de temps et je ne peux pas concilier les deux », indique Solange.

Yvette Naguibe souligne que la charge des travaux domestiques non rémunérés prive également de nombreuses femmes de possibilités d’emploi. « Elles s’occupent des travaux non rémunérés, si bien qu’elles n’ont plus le temps de postuler à un emploi. Même lorsqu’elles en ont la volonté, la fatigue due à cette situation prend le dessus et elles abandonnent », précise la coordinatrice de l’Association Appui aux Femmes et aux Enfants (AFE).

Pour les jeunes filles, cette situation peut également se traduire par des heures consacrées aux tâches ménagères au détriment de leur scolarité.

Au-delà du temps qu’il mobilise, le travail domestique non rémunéré représente également une importante contribution économique, qui reste pourtant largement invisible.

« Aucun homme ne rembourse les frais correspondant aux prestations liées à toutes les tâches accomplies quotidiennement par les femmes. Les travaux domestiques non rémunérés entraînent donc une dépendance financière de la femme vis-à-vis de l’homme », fait savoir Yvette Naguibe.

« Dans la communauté Bissa, les travaux champêtres et domestiques reposent presque entièrement sur les femmes, alors que les récoltes sont contrôlées par les hommes. La femme ne gagne donc rien financièrement », témoigne par ailleurs Wassila Tahirou, une ménagère.

Selon le Professeur Latif Dramani, président coordonnateur du Consortium régional pour la recherche en économie générationnelle (CREG), le travail domestique non rémunéré représente environ 38 % du PIB au Togo, avec une contribution estimée à 30 % pour les femmes contre 8 % pour les hommes.

Le Rapport analytique sur le travail domestique non rémunéré évalue quant à lui la valeur de la production de temps consacrée à ces travaux à environ 862 milliards de F CFA par an. La contribution des femmes représente 79,5 % de cette production, soit près de quatre fois celle des hommes, estimée à 20,5 %.

Entre fatigue, charge mentale et sacrifices

Le travail domestique non rémunéré réduit également la capacité des femmes à participer pleinement à la vie sociale. Leur épanouissement personnel et social passe alors souvent au second plan.

       Mme  Kouméalo Anaté, présidente de l’Association Cœur solidaire                                     Photo crédit : Ekinamag

« La non-valorisation du travail domestique a un impact négatif sur le bien-être de la femme. Lorsqu’une femme consacre une grande partie de sa journée aux tâches domestiques ou aux soins, elle dispose de moins de temps pour voir ses proches, participer à des activités communautaires ou entretenir ses relations », indique Koumealo Anaté, présidente de l’ONG Cœur Solidaire.

Le temps consacré aux autres, souligne l’ancien directeur de cabinet du ministère de l’Action sociale, de la Promotion de la Femme et de l’Alphabétisation, Koffi Gani, se fait parfois au détriment du repos, des loisirs et des activités personnelles.

Pour sa part, Yvette Naguibe, coordinatrice de l’Association Appui aux Femmes et aux Enfants (AFE), souligne que ces travaux non rémunérés peuvent également représenter une charge physique considérable. « Certaines femmes vieillissent précocement face au poids de ces travaux. D’autres tombent malades fréquemment », affirme-t-elle.

À cette fatigue physique s’ajoute une autre forme de travail, moins visible : la charge mentale. Jongler entre les tâches domestiques, les soins aux enfants, le travail rémunéré et les autres responsabilités peut maintenir les femmes dans un état de tension permanent. Stress, épuisement mental et émotionnel, anxiété, perte d’estime de soi ou sentiment de perte d’identité peuvent en découler.

« Ce n’est pas seulement le fait d’exécuter les tâches qui fatigue, mais aussi de devoir constamment penser à ce qu’il faut faire, prévoir les repas, les besoins des enfants, les rendez-vous, les courses. C’est ce qu’on appelle souvent la charge mentale », explique Yvette Naguibe.

Pour alléger cette charge qui repose largement sur les femmes et les jeunes filles, le Rapport analytique sur le travail domestique non rémunéré appelle les décideurs à renforcer l’éducation et la formation des filles et des femmes.

« Les femmes ayant un niveau d’éducation et de formation élevé sont plus susceptibles de négocier une plus grande participation au travail rémunéré que leurs homologues moins éduquées. En augmentant le niveau d’éducation des femmes, elles seront non seulement en mesure de travailler plus longtemps dans un emploi marchand, mais aussi de décrocher des emplois bien rémunérés et donc d’améliorer leur autonomie économique », recommande l’étude.

Les politiques publiques, insiste le rapport, devraient également renforcer les services de garde d’enfants et de prise en charge des personnes âgées, tout en favorisant une plus grande participation des femmes à des emplois de qualité dans le secteur formel.

Le rapport suggère notamment la mise en place d’une stratégie nationale visant à développer les possibilités de garde d’enfants en dehors du ménage. La plupart de ces options nécessitent toutefois des mécanismes de financement dont la mise en œuvre devrait être précédée d’une analyse coûts-avantages approfondie.

Il invite également à promouvoir une culture de la responsabilité familiale partagée entre tous les membres du ménage.

De son côté, Yvette Naguibe exhorte les autorités à envisager la mise en place de mécanismes de soutien financier en faveur des femmes, notamment sous forme de subventions ou d’allocations de subsistance.

Face à cette réalité, la question n’est donc plus seulement de reconnaître le travail domestique non rémunéré, mais de repenser sa répartition et de partager plus équitablement les responsabilités au sein des ménages.

Le travail domestique non rémunéré fait vivre les foyers, mais son coût reste largement invisible. Derrière les heures consacrées à cuisiner, nettoyer, s’occuper des enfants ou prendre soin d’un proche se cachent des revenus perdus, des opportunités manquées, des projets abandonnés et une fatigue souvent silencieuse.

Pour les femmes et les filles, cette charge dépasse donc largement la question des tâches ménagères. Elle touche à leur autonomie économique, leur éducation, leur santé, leur vie sociale et leur capacité à choisir leur avenir.

Reconnaître ce travail est une première étape. Le réduire lorsqu’il devient excessif et, surtout, mieux partager les responsabilités entre les femmes et les hommes constitue désormais un enjeu d’égalité. Car tant que prendre soin du foyer sera considéré comme une responsabilité essentiellement féminine, l’égalité entre les sexes restera inachevée.

Rachel DOUBIDJI

Ce reportage est produit dans le cadre du projet « Jeunes filles et femmes : des voix qui comptent », porté par EkinaMag avec le soutien de CFI dans le cadre du projet MEDIAOS

Autres publications

Égalité économique entre les femmes et les hommes : les disparités persistent

Égalité économique entre les femmes et les hommes : les disparités persistent

Chimène AKPAH: « il y a de la place dans le monde cinématographique pour les femmes »

Chimène AKPAH: « il y a de la place dans le monde cinématographique pour les femmes »

Promotion des valeurs de leadership et de la paix : Yawa Sophie ADANBOUNOU forme les filles du collège protestant  d’Agbalepedogan de Lomé

Promotion des valeurs de leadership et de la paix : Yawa Sophie ADANBOUNOU forme les filles du collège protestant d’Agbalepedogan de Lomé

CEPD 2022 : les filles représentent presque 50% des candidats

CEPD 2022 : les filles représentent presque 50% des candidats

Un prix spécial  leadership féminin décerné à la ministre Kayi Mivedor

Un prix spécial leadership féminin décerné à la ministre Kayi Mivedor

  • Travail Domestique Non Rémunéré : le fardeau invisible qui freine les femmes et filles

    Travail Domestique Non Rémunéré : le fardeau invisible qui freine les femmes et filles

    0 shares
    Share 0 Tweet 0
  • L’IFD poursuit sa série de formations des jeunes filles sur la Santé Sexuelle et Reproductive, les VBG et le féminisme à Aného

    0 shares
    Share 0 Tweet 0
  • 4/10 [DOSSIER] Gouvernance locale au Togo : pourquoi les femmes restent-elles aux portes du pouvoir ?

    0 shares
    Share 0 Tweet 0
  • Togo : les Cellules Focales Genre au cœur d’une réforme pour renforcer leur efficacité

    0 shares
    Share 0 Tweet 0
  • L’IFD outille de jeunes féministes de Lomé sur la santé sexuelle et reproductive, les VBG et le féminisme

    0 shares
    Share 0 Tweet 0
Ekinamag

© 2024 - Ekinamag by WE THE BEST.

Navigate Site

  • Droit & VBG
  • Les inspirantes
  • Ekina Actu
  • Point de vue
  • Santé & Sexo
  • MENTIONS LEGALES

Follow Us

No Result
View All Result
  • Accueil
  • Ekina Actu
    • Togo
    • Et plus loin
    • Point de vue
  • Santé & Sexo
  • Les inspirantes
  • Viragos
  • Fem’ Preneures
  • Droit & VBG
  • +Rubriques
    • Multimedia
    • Audacieuses du continent
  • A propos
    • EQUIPE
    • CONTACT
    • LIGNE EDITORIALE
    • MENTIONS LEGALES
    • NOS PROJETS
    • NOS PRIX
    • NOTRE ACTU
    • ASSOCIATION EKINA

© 2024 - Ekinamag by WE THE BEST.