Elle incarne avec éclat cette jeunesse togolaise ambitieuse, passionnée de savoir et déterminée à bousculer les idées reçues. Deux fois finaliste et désormais double lauréate de la prestigieuse compétition ‘’C’est du Génie’’, Béatrice Dzidula ADIOM force l’admiration autant par sa rigueur intellectuelle que par sa rage de vaincre. Dans un entretien avec Ekinamag, la jeune femme revient sur son parcours impressionnant, sa discipline et sa vision de la culture générale au sein de la jeunesse, et surtout, son désir profond de transmettre. Un échange très riche avec une figure inspirante, preuve que briller par l’esprit reste possible et admirable. Lisez plutôt !
Déclinez votre identité aux inconditionnels de EkinaMag ?
Je suis Béatrice Dzidula ADIOM, passionnée de culture générale et fière lauréate de la compétition « C’est du Génie » ; étudiante en fin de parcours Licence en Droit des Affaires à l’ESAG-NDE.
Reine de la grande compétition de culture générale dénommée « C’est du génie », vous étiez sur les dernières marches du podium en 2024 et cette année encore en 2025. Comment avez-vous pu maintenir le cap et quel est votre secret ?
En réalité, je n’ai pas de secret particulier. En 2024, je conciliais les entraînements en équipe avec ceux organisés à l’Université de Lomé (UL), ainsi que mes recherches personnelles. L’UL est certes l’adversaire commun de toutes les autres écoles participantes, mais s’entraîner avec eux permet d’apprendre énormément.
En 2025, les choses ont été différentes : c’est surtout la rage de vaincre, la motivation de mon équipe et la grâce de Dieu qui m’ont portée, car je n’ai pas eu l’occasion de travailler autant que l’année précédente.
Après deux sacres consécutifs, quels sont vos sentiments et impressions ?
Je suis profondément reconnaissante et honorée. Ces deux titres consécutifs sont une belle validation du travail collectif, de la confiance que m’ont accordée mes coéquipiers, mes mentors et le public. C’est aussi une responsabilité : continuer à incarner, à inspirer et à transmettre.
Allez-vous faire la fine bouche ou vous allez continuer l’aventure la prochaine édition ?
Je compte m’arrêter là et laisser la place à d’autres talents intellectuels de la jeunesse togolaise. Cela ne veut pas dire que je m’éloigne complètement : je souhaite plutôt accompagner, encourager et, si possible, servir de relais pour que d’autres jeunes puissent briller à leur tour.
Parlez-nous de la compétition et les différentes étapes qui mettent aux prises les équipes des universités et des grandes écoles du Togo ?
C’est Du Génie est une compétition de culture générale organisée à Lomé, destinée aux étudiants de plusieurs universités et grandes écoles togolaises. Chaque édition réunit des équipes représentant leurs établissements, telles l’Université de Lomé, l’Université de Kara, ESAG-NDE, ESSEG, IAEC, EAMAU, ESGIS, et bien d’autres. Durant plusieurs semaines, les équipes s’affrontent dans une série de matchs (poules, quarts, demi‑finales, finale) animés en direct devant un public enthousiaste dans des lieux comme Energy Generation. L’objectif est de stimuler la culture générale et de valoriser les talents intellectuels de la jeunesse togolaise, tout en offrant du spectacle, de la fierté et des échanges conviviaux.
Vous faites l’exception de la règle avec cette assertion selon laquelle : les gens ne se cultivent plus et pire la jeunesse. Vous vous êtes imposée une discipline dont les résultats vous surprennent ?
Je pense que la jeunesse se cultive toujours, mais peut-être d’une manière différente. Beaucoup privilégient aujourd’hui les réseaux sociaux ou les plateformes numériques, qui peuvent être à la fois des distractions mais aussi des sources de connaissances. Pour ma part, j’ai essayé de garder une certaine discipline : lire, me documenter, échanger avec d’autres, et participer activement aux entraînements. Ce qui me surprend, c’est de constater à quel point ces petits efforts constants finissent par porter leurs fruits.

Quel est votre leitmotiv ? Avez-vous un projet en lien avec ce concours pour inciter les jeunes à se cultiver davantage ?
Mon leitmotiv est : « la culture générale unit les peuples ».
Oui, j’aimerais mettre en place, avec d’autres passionnés, des séances de partage et de préparation pour les jeunes intéressés par la compétition. L’idée serait de créer des cercles de lecture et de débats afin de maintenir cette dynamique intellectuelle et donner envie à d’autres de se cultiver davantage.
Comment projetez-vous dans les 5 ans à venir ?
D’ici cinq ans, j’aimerais être une professionnelle accomplie dans mon domaine d’études, tout en continuant à être active dans des initiatives qui valorisent la jeunesse et la connaissance. Mon souhait est de contribuer à des projets éducatifs ou culturels qui permettent aux jeunes d’avoir confiance en eux et de mettre leurs compétences en avant.

Un mot à vos jeunes sœurs qui ont du mal à s’affirmer et affronter le regard du public.
À ma jeune sœur : ne laisse pas le doute ou le regard des autres définir ta valeur. Commence petit, fais tes preuves pour toi-même, et accepte que l’apprentissage passe par des erreurs. La confiance se construit pas à pas. Entoure-toi de personnes qui te soutiennent, parle, partage, ose être visible. Ce que tu as en toi est plus grand que ce que tu imagines, il suffit parfois d’un premier pas pour que tout s’éclaire.
Propos recueillis par Atha ASSAN






